Le piège

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Parfois la colère, haïssable, aide à chasser le monde vain, à faire fuir les vains tourments, le silence vain, la vanité même. Mais, tout aussi vaine et violente, elle s’enroule autour d’elle-même, autour du rien qu’elle a chassé le révélant. Minée de l’intérieur, vermoulue, tapissée de grimaces, elle est prise à son piège.

Alors elle s’écroule, ruinée de l’intérieur, sur ce rien qu’elle n’a qu’étouffé, croyant l’avoir avalé. Elle dévoile sa violente vanité, son être à jamais perdu, anéanti. Tandis que, poursuivant son vol erratique et têtu, miraculeux, un papillon accroche de l’aile une fleur de cerisier.

Il meurt en silence, blessé au cœur, lui ayant offert ses doutes, sa légèreté, sa vie et tout le jaune du ciel à venir. De là vient que la colère est nudité d’un écorché, mort des couleurs et du chant joyeux de l’enfance.

texte et dessin ©JJM

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