Le monde est un jardin (2)

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Cela a débuté par une expérience onirique, sans sommeil. Je devais expliquer, enfin, dire, à une sorte de public, ce que je faisais dans ce qu’on appelle la poésie, et je…, je n’aime pas ça, je, les mots,… enfin. Je suis tombé sur l’idée de confinement, bien entendu. Confinement douloureux, salvateur, la liberté confinée. Et j’en suis arrivé à la musique, à l’énigme, à la parole, qui se prend dans le même temps où elle se donne, mais à qui, ça… Elle (se) cherche. Et la musique, intimité éprouvée et partagée. Les mots sont une façon de dessiner, de chanter, de l’ordre de la trahison, par laquelle il faut bien passer, oh, pas toujours. Donc, cette épreuve du confinement nous occupe.

De là, je me suis engouffré dans l’idée d’occupation. L’occupation, dans toutes les guerres, et l’occupant. Le virus nous occupe, il n’est nulle part, il est partout. Au moment où l’on est désœuvré, on est le plus occupé. Là se cache un paradoxe de l’existence, et les termes de ce paradoxe sont réversibles. Je suis désœuvré car je suis occupé, interdit. Interdit. C’est étrange, car quand je dis Je suis interdit, c’est comme si tout se figeait et devenait possible.

Et toute la journée d’hier, un morceau de musique m’a envahi, habité. Le virus occupe le monde, et nous, nous voudrions l’habiter, et réalisons que nous le menaçons. Nous ne savons pas, ou plus, habiter. Donc la nature nous a donné une molécule qui nous occupe et nous tue, nous invite à vivre confinés. Alors, bêtement, nous réalisons ce qu’est ce paradoxe de l’existence, cet obstacle à franchir, en nous, et cet amour inépuisable, que nous risquons de gâcher, à tout instant. Le monde est un jardin, dans lequel ton visage est un appel fragile, si précieux.

texte (07/04.20) et dessin (20/02/20, esquisse, portraits d’Olga Adamova) ©JJM

Lutter 4 !

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Lutter, encore, plus que jamais, dans l’étirement d’un temps amolli et l’impatience des mains désœuvrées, les nuits hachées ; corps douloureux lassé d’attendre, perclus de solitude partagée ; contre le renoncement ou la colère, lutter, tandis que fleurissent les arbres, que les oiseaux nichent, lutter ; penser aux malades, aux soignants, aux enfants, aux beaux jours à venir, notre création, n’oubliant ni d’où nous venons, ni la fragilité de la vie, ni sa force de résistance !

dessin (d’ap. Antoine Bourdelle, Le Grand Guerrier de Montauban, 1898-1900 ; pierre noire, 26/03/20) ©JJM

Confessin’ !…

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I’m confessin’ that… I don’t like the Covid-19 !

Alors rester chez soi ! Encore et encore merci aux soignants, en pleine tempête !!!, et à tous ceux qui travaillent ici et là, là et là !! Merci !

Voix de confiné… Living Room Studio, 01/04/20, 17:57 ©JJM

Confessin’ (D. Daugherty, E. Reynolos, A. Neiburg, 1929), par Louis Armstrong, en 1930 !!

Hanoumān !!

 

Rester chez soi, encore et encore, alors invoquer Anouman (Hanoumān), le singe blanc ! Selon un proverbe hindou « les singes pleurent sur les autres, jamais sur eux-mêmes » ! Et il aida à sauver la Princesse Sita…

Oh, bien sûr, c’est peu, une mélodie (géniale, de Django, janvier 1953), et, qui sait, un retour aux sources, le chant est l’origine du lien, de l’échange !

Alors, que l’esprit soit un peu bercé, et si possible, consolé…