Ecce Homo !

(Auto)portrait hommage, avec (et de) l’Homme de Cro-Magnon : sortir de Soi.

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Ecce Homo (sapiens) ! Forte émotion en le voyant.

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Crâne d’Homme de Cro-Magnon (Les Eyries-de-Tayac, Dordogne), vers —28.000 ans, découvert en mars 1868 par Louis Lartet, Beaubourg, Paris, 24/07/19 ; autoportrait, 01/08/16 ©JJM

Millénaires

Épiphanie

Tragédies 1 30 05 20 8h59

Sous les feuillages et l’épaisse

Moisissure des millénaires, bas-

Reliefs et tragédies. Oh, tu vois,

ravivées, les anciennes blessures,

À la lumière du rêve, du paradis.

Texte inédit, extrait ; dessin, mine de plomb, pierre noire, 30/05/20 ©JJM

Matière de Soi

Autoportrait : 9 juillet 2016 à 3h53

JJM 09 07 16 3h53 Instagram

Toujours Aristote, matière et forme, et la matière, singulière, et l’âme intellective. Puis Soi, sculpté par Rembrandt. Oh, il l’a cherché sa vie durant. Il a fouillé. « Je suis moi-même la matière de ». Matière Montaigne, devant, ailleurs. Se tenir. Nulle boursoufflure du moi, ni concession, juste voir, voir. Relire Paul Nizon, Le Ramassement de Soi. Déconfiner le regard, dépoussiérer. Accueillir, l’Autre n’est jamais loin.

Autoportrait 09/07/16 ©JJM

Cybèle

Sortir de Soi. Au plus près, intériorité, mystérieuse, ainsi désirable, « étoile inaccessible ».

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Visage offert, dans tes mains. Il enferme tout

À jamais. Ouvre-le, sa force est celle de l’eau,

Quand assèche lèvres et gorge le soleil fou.

Je ne sais faire semblant, l’océan est si beau.

 

Texte inédit, extrait ; dessin : Cybèle, Antiquité romaine, fin du IIIe s., m. St-Raymond, Toulouse, mine de plomb, pierre noire, 25/05/20 ©JJM

 

 

 

 

 

Instagram

Je serai désormais plus régulièrement sur Instragram où j’ai récemment ouvert un compte, à l’essai, et ne retournerai jamais sur Facebook ; merci à ceux, rares, qui passent ici, merci. Période difficile.

Me revient la violence…

Me revient la violence de l’origine,

L’archaïque vie des forêts.

Langue première des corps jetés

Au cœur de l’énigme et de la barbarie.

Adam et Ève pris dans la tempête.

S’élève alors de la terre humide,

Gorgée d’incertitude, de mort déjouée,

Le doux frémissement des sens.

Sous la peau, l’appel de l’autre.

L’incomplétude, mythique beauté.

Franchir la faille tellurique, chanter.

Les gestes d’amour lancés aux étoiles

Un moment scintillent, vifs, mystérieux.

 

Texte inédit, extrait, 12/05/20 ©JJM

Faut-il danser…

Faut-il danser, pour que les dieux apaisent

Les corps meurtris par les armes, la peur.

Un chœur d’enfants décore les visages

De pétales blancs. Les couleurs de la vie

Se mêlent à l’eau des criques. Écouter

Le vent. Couvrir la tempête des maux,

Par la beauté des jardins andalous.

Ne pas se soumettre, jamais las de vivre,

De rire, d’aimer. Alors danser, recueillir,

Au creux des mains, l’ombre et la lumière.

 

Texte inédit, extrait, 12/05/20 ©JJM

Hors de Soi !

Sortir de chez Soi ? Est-ce possible ? Être hors de Soi ? Oh, colère, devant tant d’injustice et de malheur, partout, oui. Ne pas oublier !

Une seule balle traverse deux corps.

Des vagues de lumière ondulent, 

Des lambeaux, des chutes sans liens,

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Le tout collé à mon visage exposé au vent

Et au soleil. Ou bien est-ce l’enfer,

Sous un ciel de colère et de chagrin.

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De cet éblouissement pâteux naissent

Des mots, filet de sens lancé dans

Un tourbillon de lave. Faut-il jaillir de

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Ce volcan, pour aimer à nouveau le vert

Des feuilles, la douceur des allées bordées

De tes rires, et l’odeur du café le matin.

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Texte inédit, extrait ; dessin, portraits d’une femme et d’un homme, anonymes, au goulag, 1930-40 ; graphite, mine de plomb, pierre noire, 02/03/20 ©JJM

Rivage de Lune

Rester chez Soi, et chez Soi, avant, après, après quoi ? Permanence et mouvement, flux, histoire, un rien fait basculer dans le vide, et se relever, encore et encore !

Les mots sont anémiés. La main s’étonne,

Trace de quoi briser l’errance, contenir la vie.

En chemin vers la clôture du gouffre,

De la faille, parer la plaie de l’être.

Si près, l’abîme du soi où le soleil se perd.

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Creuser, racler, donner voix et lumière à

Ce qui gît profond. Échouer sur un rivage

De lune, à l’ombre de grands arbres, libre.

La main trace sur l’eau l’heure du départ.

Vers où, nul ne sait. Suivre les lignes brisées

Qui font surgir ce qui n’existe plus, caché,

Secret, refusé. La main se souvient, dessine

Un visage, non, deux, le même, pour soi.

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Texte inédit, extrait ; dessin : portrait(s) d’Olga Adamova Sliozberg (1902-91), au goulag (1936-54), avant, après ; graphite 21/02/20 ©JJM

Savane italienne

Rester chez Soi, en pleine savane italienne !

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« Un air de jazz ou d’opéra, le tamtam

De l’enfance, loin des litanies, des plaintes.

Il suffit de taper du pied, d’écouter les oiseaux,

De traverser la piste. La joie à portée de main.

Mais toujours s’ouvre le vide, sous les semelles,

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D’un chemin, d’une absence. Début de

L’acceptation d’une faille. Incapable de tenir,

Au creux des paumes, un peu d’eau. Rêveur

Ébréché, il écoute la pluie sur les cyprès,

Les branches au soleil, le merle moqueur,

Les tourterelles, la magie du printemps. »

Texte inédit, extrait ; dessin, pierre noire, carbone, d’après Ibedji, Bénin ; Ghirlandaio, Giovanna degli Albini Tornabuoni, 18/01/20 ©JJM