L’air frais

Une abeille s’entête à vouloir
Rejoindre le vent, les arbres
Et les fleurs. Mais quelles fleurs,
Dis-moi. N’est-ce pas un mirage.

La vitre est lisse et douce, et
L’abeille voudrait piquer, mourir.
Traverser, s’envoler vers l’azur,
Scintiller, corbeilles emplies d’or.

Faut-il sa colère, faut-il son effroi,
Faut-il son désespoir, son chagrin,
Pour briser le destin. Son amour.

La fenêtre va s’ouvrir. L’air frais,
Plus doux que la vitre, t’emportera
Au loin. Libre, tu pourras danser.

31 10 17

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Ballade

Oh nuit, dessine des ombres gaies,
De souvenirs, de promesses tues,
D’éclats de rire, de rire, au soleil,
Au beau milieu d’un jour prochain.

Fais bouillonner mon sang gelé,
Console ce corps transi, ce visage.
Il n’oublie rien, rien. Qu’y a-t-il.
La vie, au creux de tes mains.

Un quatuor, une ballade, allons.
Pas de danse ou mourir, frôlement
De tissus. Le cœur bat trop fort.

Les cyprès bleus sont ivres.
Les tourterelles sont ivres, oh.
Le lampadaire est si joyeux.

30 10 17

La mer est calme

Blême espoir, je pense à la campagne romaine.
Nuit bordée de rivages, de rues. Puis un train,
Visage rêveur. Je pense à Virgile, aux couleurs
D’un Corot. À la mer du Nord, à la nuit si froide.

Vertige. Fenêtre ouverte, ivresse des sommets.
Tous ces mots, sur la peau. Tatoués, arrachés.
Absence, joie calcinée. Nudité du vent. Alors,
Ciel rouge. Oui, rire encore. La mer est calme.

Oh nuit, dessine des ombres de joie. Souvenir
D’éclat de rire, beau milieu d’un jour prochain.
Fais bouillonner mon sang gelé, console-moi.

Corps transi, la vie au creux de nos mains. Un
Quatuor joue une ballade. Frôlement de tissus,
Pas de danse, parfum, et le cœur bat trop fort.

21 10 17

Crépitement de l’écume

Crépitement de l’écume glissant sur le sable. Auréoles
De fine dentelle. Jetée de bois gris frangée de mouettes.

Derrière les dunes, les immeubles affrontent le soleil.
Les parasols des cafés abritent la douceur des regards.

Lumière d’une journée de plage et de vent. Les voiliers
Vont et viennent. Les petits fanions multicolores d’une

Fête annoncée virevoltent. Un enfant crie, tu te retournes.
D’une main légère, tu chasses un nuage de ton diadème.

03 10 17