Attendre le jour

Autour du lampadaire, aveuglés, tournent
moucherons et papillons, nuées survoltées,
dans la lumière mortelle, effrayante beauté.
Il titube de joie, le lourd soleil est englouti.

Les bateaux rentrent au port, marins fourbus.
On n’écoute pas les morts. Terrasses riantes,
chants et cris, les verres brillent, les regards
s’enflamment, les enfants lancent des flèches

de Sioux, ornées de plumes rouges et noires.
Au-dessus de la porte, l’ampoule se balance
dans le vent chaud d’un désert inaccessible.
Il respire le large piqueté d’îles profondes.

Il suffit de se mettre en chemin, le sais-tu.
D’une main, il chasse un papillon tombé
sur son cou. Dans la maison, des voix disent
la vie et la mort, l’amour, le départ, le retour,

mais aucun son ne lui parvient. Un silence de
gouffre l’enserre, dans le souffle des vagues
et le chuchotis des galets. Debout sur la jetée,
il scrute la nuit, les étoiles. Attendre le jour.

25 03 16. Épiphanies 46

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