Le clapotis

Terrasse de café près du port, tables rondes,
halos marbrés. Coude appuyé je rêve, le soleil
rougit. Me suis-je absenté, le regard au bord
d’un nuage irisé, et, surgi d’où, ton rire depuis

ne cesse de ricocher. Cercles chromés, entre
lesquels flottent les destins à jamais secrets.
Les mots se mêlent, en quête de rien, jaillis
des corps. Attente d’un souffle nocturne pur.

La rue scintille, frais souvenir d’une averse,
teinté de mille échos de l’entrelacs des vies.
Je me lève, rejoins la jetée. Là-bas, le phare
dans la lumière d’orage sec, et sur la place,

d’autres terrasses. Ton rire volète, papillon.
La nuit, un éclat peut tout contenir. Je ferme
les yeux, les rouvre. Est-ce moi, ma bouche,
est-ce du fond de ma gorge, de mes poumons,

de mon ventre. J’écoute. Bord du quai, bateaux
voiles roulées. Le rire s’éloigne, puis un appel
enfoui, d’un enfant, d’une femme, je ne sais.
Le chenal s’est tu, persiste un vague murmure.

Les bâtisses brillent, le ciel ondule. Assis sur
un cordage vert bleu, ma vue se trouble, corps
dissout dans le clapotis. Un léger vent de mer
berce la coque d’une barque sauvage. Partir.

24 03 16. Épiphanies 45

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