Le soleil fabule

Voir venir. Mieux, y aller, me dis-je. Parfois, l’envie de marcher me prend, le fleuve m’appelle. C’est une image, comme toute vocation. Les voix se frayent un sentier dans la mélasse de l’après-midi, je vais où me mènent mes jambes. Inutile de résister, elles sont têtues. Je me retrouve sur le Pont-Neuf ou le quai de Tounis, nez levé vers les mouettes, des fourmis partout. À mon arrivée, il y a comme un air de fête. Je fabule. J’aime ça. On dit souvent que l’enfant ment, on le gronde, mais non, il fabule. La réalité est trop étroite, vois-tu, alors son imagination est « déréalisante », dit Bachelard. Il s’ennuie, je le comprends. Bref, le soleil, souvent, se venge sur les nuages, de devoir se coucher, et il envoie la musique, faut voir comment. Il fabule, en somme.

Garonne, 06/12/20, 15:48 ©JJM

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