Vision nocturne

La vision nocturne est d’une ambiguïté prometteuse, quand elle n’est pas inquiétante. Mais, me dis-je, l’un ne va pas sans l’autre. Elle estompe les volumes, gomme ce que le jour pointe sans pitié, crée du mystère à partir du banal, montre tout en le cachant, laisse à l’imagination le soin d’aller plus loin, plus profond. Elle aime peindre les ombres, n’ayant que des lampadaires pour artifice. Oh, ténèbres, désir, fascinante obscurité. Joë Bousquet s’y arrête :

En cherchant mon cœur dans le noir / mes yeux cristal de ce que j’aime / s’entourent de moi sans me voir // Mais leur ténèbre est l’amour même / où toute onde épousant sa nuit / dans mes jours se forge un sourire // Afin qu’aux traits où je le suis / Sa transparence ait pour empire / Mon corps en soi-même introduit

Canal du Midi, 23/01/16, 23:22 ©JJM ; Joë Bousquet, La connaissance du soir, « La nuit mûrit »

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