Ombres émouvantes

Voir, ne pas toujours croire. Je rêvassais devant la baie frangée de lumières, front de mer désert. Et j’ai compris ce qui ne laissait pas de me tarauder. Si la prudence exige « de ne se fier jamais entièrement à ceux qui nous ont une fois trompés », dit Descartes, reste à savoir quand jouir des sens. Mettre en danger ma vie, mon être, jamais. Sauf que j’aime quand l’illusion m’élève, me nourrit. Mon être s’étend jusqu’au ciel…, et là, j’ai senti un frôlement, imperceptible. C’était beau, apaisant.

« Il faut de temps en temps que nous nous reposions de nous-mêmes, en nous regardant de haut, avec le lointain de l’art », dit Nietzsche. L’art montre, « dans la nature et dans l’esprit, hors de nous et en nous, des choses qui ne frappaient pas explicitement nos sens et notre conscience », ajoute Bergson. Ah, ces ombres émouvantes qui passent existent bel et bien, et moi j’essaie.

San Sebastian, 22/07/16, 00:11, ©JJM

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