Rivage de Lune

Rester chez Soi, et chez Soi, avant, après, après quoi ? Permanence et mouvement, flux, histoire, un rien fait basculer dans le vide, et se relever, encore et encore !

Les mots sont anémiés. La main s’étonne,

Trace de quoi briser l’errance, contenir la vie.

En chemin vers la clôture du gouffre,

De la faille, parer la plaie de l’être.

Si près, l’abîme du soi où le soleil se perd.

Olga Adamova.jpg

Creuser, racler, donner voix et lumière à

Ce qui gît profond. Échouer sur un rivage

De lune, à l’ombre de grands arbres, libre.

La main trace sur l’eau l’heure du départ.

Vers où, nul ne sait. Suivre les lignes brisées

Qui font surgir ce qui n’existe plus, caché,

Secret, refusé. La main se souvient, dessine

Un visage, non, deux, le même, pour soi.

Olga 21 02 20 12h12.jpg

Texte inédit, extrait ; dessin : portrait(s) d’Olga Adamova Sliozberg (1902-91), au goulag (1936-54), avant, après ; graphite 21/02/20 ©JJM

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