Violence de l’origine

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Fenêtre ouverte, indéchiffrable ciel. La ville est noire et se devine à peine le flottement des cimes. La brise fait onduler les pins sous un reflet de lune. Une vie silencieuse circule dans les veines de la nuit finissante. La mer argentée retient les oiseaux, dans les roches secrètes.

Leurs œufs, sur un tapis d’algues et de coques, protègent le temps. Me revient la violence de l’origine, l’archaïque vie des forêts, langue première des corps jetés au cœur des énigmes et de la barbarie, Adam et Ève pris dans la tempête.

Alors s’élève de la terre humide, gorgée d’incertitude et de mort déjouée, le doux frémissement des sens, sous la peau, l’appel de l’autre. L’incomplétude, mythique beauté. Sortir de la faille tellurique par la danse. Les gestes d’amour, lancés aux étoiles, un moment scintillent, vifs et mystérieux.

texte et dessin (Goulag, travaux forcés, femme, homme, années 1935/45 ; graphite, pierre noire, 03 03 20) ©JJM

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