L’aventure

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Beauté du ciel. Soleil matinal. Du soir les nuages noir de Chine sont dilués. La banquise efface les peurs et les cauchemars. La baleine blanche digère, déchire l’eau, souffle sur la ville, les rues bondées. Elle donne à chaque geste le sens d’une aventure.

Parfums enivrants, printemps des corps, et le tien, secret, ombre à jamais. Les vitrines, éclats enfouis. Les reflets plongent dans les entrailles sauvages. La forêt criblée de cris lance aux étoiles des chants végétaux. Bananiers, oiseaux, acacias, nuage de latérite, flamboyants. 

Pluies à venir, oh, enfourcher Rossinante. Simplicité de l’amour. Tendresse bafouée, abandon des peaux et des cœurs, paupières gorgées de sel. L’océan, oui, lance ses vagues, des mots plein le corps. J’arrive au fleuve, sur nos visages, le souffle de la baleine.

texte et dessin (d’après A. Bourdelle, Tête féminine, 1890 ; graphite, mine de plomb, 08/02/20) ©JJM

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