Masque de chair

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Tous ces mots inutiles, nécessaires. Masque de chair trituré par le temps, l’émoi, la marée. Je ne suis pas allé assez loin. Oh, pris au piège, la surface me retient, le ressac m’enserre. Attaché au fond, nulle chaîne, je me débats, je vis.

Ne sachant faire que suivre ces bateaux, le hasard des sillons d’écume, je ne te cherche plus. Dans le parfum d’oyats coupés, parmi les libellules scintillantes, je confie aux oiseaux le soin de coudre les vagues.

J’ai de William, rêvant, croisé le doux regard. Il ne m’a plus quitté. Dans son sillage rocailleux, flotter, pensant : Rien ne nous sépare que nous-mêmes. Nuage rouge du désir, ses mots voletaient çà et là. Adoucissant la roche, la mélodie d’un phare. Le sabre fend l’océan, houle et brume nocturnes mêlées.

texte et dessin (d’après A. Bourdelle, Masque d’Hercule, bronze, 1905, MIB Montauban ; graphite, mine de plomb, 07/02/20) ©JJM

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