Calmer les dieux

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Du corps, oh non, la dislocation repoussée. Bien sûr, illusoire unité, dilution salée dans une lumière falote, son âme. Menace d’émiettement, essentielle incomplétude. Peau arrachée, recousue, exposée à l’océan des chagrins, des joies, peinte avec des fleurs. Oui, nourrir la beauté des jours.

Calmer les dieux, les consoler de tant de maux, de cris et d’inutiles plaintes, d’espoir que l’abandon jette par-dessus bord. Visage décomposé, là où les muscles, les os, les mains cherchent à prendre appui, mais sur quoi. Y a-t-il un possible refuge, sinon là, dans nos yeux.

Ce qui les console ne peut-il venir que d’ailleurs. La force des bras empêche de couler, de s’échouer, ne permet pas de voler. Alors marcher, accueillir une autre inquiétude, si proche, inaccessible.

texte et dessin (d’après A. Bourdelle, Tête d’Apollon, 1900-09, m. d’Orsay, Paris (mine de plomb) ; El Greco, Cristo abrazando la Cruz, 1587-96, m. du Prado, Madrid (pierre noire)) ©JJM

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