Le volet entrouvert

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En pleine nuit ou au petit matin, se lever, s’en aller, sans jeter un regard, derrière ou je ne sais, dans le temps. Tout serrer au fond de soi, et ne plus rien sortir, rien. J’ai froid, printemps glacé. M’habiller, fermer l’eau, le gaz. Laisser une lampe, illusion de présence. Mais toute présence n’est-elle pas illusion.

Oh, qui va s’inquiéter, personne, c’est ma faute. J’aurais dû partir avant. Avant quoi. Avant. Une succession d’avant, je pourrais remonter si loin, avant moi. Je ne sais pas partir, tourner les talons, hop. Dans ma tête, je traîne, rêvasse, oublie. Je, c’est trop dire. Il, voilà. Le centre est ailleurs, pas moi. Excentré.

Il essaie, est invivable. Se lever, s’habiller, partir. Il en est capable, croit-il. Enfant, simulant une tétraplégie, était-ce une façon de partir. Tout le monde y avait cru, lui aussi,  en pleurs, riant. Laisser le volet entrouvert, chambre rangée. Une fois dehors, oh, tous ces visages sur le départ, sur le retour. Palimpseste de présences effacées, recouvertes, dévoilées. Il reste les yeux, le fil tendu des regards.

texte et dessin ©JJM

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