Contre-temps

25 11 19 11h43.jpg

La neige, si tendre en hiver, ne décolère pas. Au pied des arbres, à l’angle des fenêtres. Et dans le lit, sur la peau, sous les ongles et les paupières. Au cœur des os transis d’étonnement. Colère. Jamais si grand froid ne s’est vu, en juin.

Incendie des ramures, fleurs desséchées. Les cigales dilacèrent les idées les plus folles d’harmonie, de joie. Mais la neige est patiente et le soleil naïf. Elle vient de si loin. D’un puits enfantin. Le printemps fanfaronne, fait la roue, pourtant le blanc polaire s’incruste un peu partout.

Le cœur bat à contre-temps. Le crâne gèle et les muscles bleuissent. Les traces de pas s’évaporent à peine abandonnées. Les rues tremblent dans la lumière matinale. Invisible et têtue, la neige, au fond des regards vacants, n’a de cesse de faire frémir les paroles les plus douces.

texte et dessin ©JJM

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s