Le sous-bois

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Ce qui est tenu caché est là, sous la peau, dans les gestes et les regards. Frémissements des muscles agacés par le silence qui affleure, griffe l’air au dépourvu, devant un vélo, une rue au soleil, une assiette de fruits coupés, un distributeur de café, au petit matin.

Alarme du métro, un frisson. Dans l’imminence de quoi, dans l’urgence du refus, le claquement des portes, le chant aigu d’un enfant à la proue de sa vie, dans l’esquisse d’un dialogue, avec qui. Ce qui est tu, de soi, tenu secret, le moi n’est rien. Être rejeté, nié. Reste une obsédante vibration du vide.

Ce qui est enfoui, adouci par l’amour de la haute mer. Te souviens-tu. C’est inutile. Inconsolable d’avoir un instant tenu ces mots entre les mains. Ce qui est lancé pour la énième fois, dans le sous-bois envahi de lucioles, saturé de pluie parfumée.

texte et dessin ©JJM

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