Blues

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Ce qui est tu, malaxé par la langue, entre les dents se murmure, se fredonne. Le fade sirop des mots laminés retombe dans le ventre, l’obscurité des muqueuses traversées d’acide indolore, de suc cérébral, se répand jusqu’au tréfonds des os, du cœur, des gestes d’amour.

Le vent fait se mouvoir les yeux affolés, sous les paupières striées de rouge. Il charrie ce qui tu ne va cesser de buter, de glisser, d’envahir, de saigner, de revenir au point de blessure. Le chant s’élève, toujours plus grave, plus rauque.

Enfermement là tout près de soi, du je, mais que fais-tu là-bas. Le vertige est tu, recouvert à la va-vite d’un badigeon de tristesse imprévue, têtue, de joie fragile, mêlée de couleurs délavées. L’histoire garde les secrets, les parfums, la mémoire des mains.

texte et dessin ©JJM

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