Le miroir des jours

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Ne vois-tu pas la colère, au cœur du ciel. Oh, haïssable colère, contre la mer, contre le vent, vieille colère des âmes terrassées, des yeux ensanglantés, des entrailles broyées.

Elle n’est rien et t’épuise en vain. Abandon, et tu cries. C’est ta faute, amour dilacéré. Casse le bec de l’oiseau, allume ton feu de ses ailes, que son chant n’éclaire plus l’univers. Oh, qu’as-tu fait.

Dans le miroir des jours, il n’y aura plus ni mer, ni danse, ni bouche sur laquelle ont fondu tes mots, tes chants, inutiles ; ni le visage tant aimé que tu ne cherches plus, sinon la nuit. La nuit seule, immense, la beauté est prisonnière, sous un diadème antique.

texte et dessin (d’après Palma el Viejo, La Bella, 1518-20, Prado, Madrid ; carbone et pierre noire, 07/01/20) ©JJM

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