Tabula rasa

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En plein soleil ou sous la pluie, bâtir de sable un château, sur tapis d’aiguilles parfumées, affichant un sourire de bal masqué. Tabula rasa. Non, les dieux n’existent pas. Qui croire. Douce aridité, cailloux polis, voyageur nu. L’écume glisse et crépite. Il interroge le ciel, naïf combat. Nulle plaie du temps ne guérit, ne le sais-tu. Il s’habille à la hâte et rejoint ses rêves.

Tandis que batifolent et courent les rumeurs de la cité, que les silhouettes se frôlent, — sur la grève, la marée dépose algues rouges, coques vides, bois flotté, filets en lambeaux, cageots éclatés. Mouettes et goélands l’épient. Il marche sur les rochers brise-lames. Nulle blessure de l’enfance ni d’hier. Le ressac souffle dans les trous. Il chante le grand large.

Ses pieds s’enfoncent avec délice dans le sable frais. Nulle joie ne disparaît non plus. C’est à peine si l’océan baigne ses chevilles, feuille translucide couvrant les rares galets ou coquillages. Regards dérivant sur le miroir d’eau, ses pensées se diluent dans les premiers rouleaux. Il entre dans la ville, se perd dans les rues, soudain léger. 

texte et dessin ©JJM

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