Le Chevalier

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En un sourire au vent bleu, dans la houle des épis, l’or balayant la vaste Castille, il touche à l’horizon l’absence de Dulcinée et le cauchemar des grands moulins à venir. Mais il y a l’amour, l’origine des chemins bordés d’oliviers et de chênes. Une aile seule, au petit matin, fugace abri du vide, lutte contre le souffle de l’été. Sans cela, les plumes ne seraient qu’un caprice divin.

Une aile suffit au preux Chevalier, vers les îles blanches tourné, pour que les mots lui viennent à flot, aussitôt bus par l’air sec, offerts au hasard des lèvres assoiffées. Magie des grands voiliers. Ils sillonnent le monde, glissent sur les rêves. Ouvertes, les lèvres sont la vie, la joie possible, ou un appel à l’aide.

Fermées aussi, rouges, blêmes, violettes, pincées, pulpeuses, molles, riantes, arrondies, séduites, boudeuses, oh, étonnées par le torrent des mots qu’en son noble esprit, en son corps, le Chevalier découvre, heureux et déchiré. Que son chant berce les collines, dans le silence des amants de papier.

texte et dessin (graphite, pierre noire, 14/12/19) ©JJM (Satuette féminine, Cyclades, 2700-2300 av. JC,  Louvre ; Affiche de palissade de chantier, Marylin, 22/07/19, Châtelet, Paris)

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