L’être de papier

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Fenêtre ouverte, et là s’envole un moineau, froufrou de plumes, silence. Alors ouvrir, sortir. Ciel gris bleu, clair et mat, sauter sur le trottoir, avancer. Peu importe où, ici et là, et toujours ce grondement dedans, au fond des yeux. Glissent emmêlés, arbres et maisons, passants pressés. S’enfoncer, tenter de, de quoi, dire ou chanter ce qui, mais quoi, la vie.

C’est tout. Et les corps, la chaleur des corps, la douceur du grain, peau effleurée. Profondeur des pupilles offertes au hasard des nuits. Creuser le sous-sol, métro. Blafard, traverser les boulevards, les places, les ponts sur le fleuve, le canal, la voie ferrée. Danser au rythme des rails, qui jamais n’atteignent l’horizon.

Façades aux balcons sales, vélos pendus, étagères cassées, pots, surplombent le lacis des rues. Toits en feu sous une pluie salée. L’encre de Chine coule dans le caniveau. Reste un halo de ville voilé de vanité, le sentiment d’abandon, le mutisme brûlant, lorsque s’efface l’être de papier.

texte et dessin ©JJM

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