La sagesse des forêts

02 12 19 23h22.jpg

Perdre n’est rien, perdre quoi, ce rien, et se trouver. Si un enfant joyeux passe à cloche-pied sur le trottoir, si les ruines des batailles s’habillent d’herbes folles et de coccinelles, si douce peau, jamais vue ni touchée, caresse les yeux et les mains, le reste est chimère, bourrasque, brindille dans le vent, et peur de perdre, de l’aventure, du rêve.

Quand soudain du lointain bat le sang des tamtams, le sol primaire vibre, martelé par les corps en transe, à l’ombre des arbres rouges, à la croisée des chemins de latérite. Alors se perdre, oui, et si vient un moment où vivre est délicat, douloureux, attendre et chanter.

Est-ce son lot, son credo, ne jamais franchir ni éviter les lignes de fuite. Briser la perspective pour déployer l’éventail du possible. Aimer se perdre n’est rien, sinon le risque vital. Il surgit, étonnant, un regard, un murmure, un frisson. Alors rejoindre l’enfant, la sagesse des forêts dans un square parisien.

texte et dessin (02/12/19, Affiche, palissade de chantier, place du Châtelet, Paris) ©JJM

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s