Égarement

Augustins 25 11 19.jpg

Force et douceur de la vie. Fraîcheur de l’aube, d’un coup brisée, arrachée d’un cerisier en fleurs. Fenêtre embellie de reflets moirés. Traits fins que le soleil embrase. Pourquoi ces images me hantent-elles, ces salves de mots. Soudain frissonne le linge étendu. Fil rouge, pinces de bois. Un bateau hurle derrière la colline, blanche couronne d’asphodèles.

Marcher n’a plus de sens, ni s’arrêter, ni rêver. S’impose à moi l’attente niée des corps rejetés, des yeux voilés d’inquiétude. Égarement dans la tempête des mots, dans le silence. S’est cassé net, hélas, ce qui vient du lointain, si près, désemparé.

Le figuier est foudroyé, au cœur de l’été. Je m’éloigne, sans renoncer, ni détruire, ni mépriser, ni noircir. Les merles se taisent. Partir, ne plus rien savoir. Pour étouffer l’embrasement et l’explosion des rires anciens, la fulgurance des caresses, la colère des Érynies. Sauver ce qui peut l’être, parfum, air d’opéra.

texte et dessin ©JJM

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