Champ de coton

Billie Holiday 22 11 19.jpg

Pénombre, couloirs jonchés d’œillets gris, d’asphodèles, de papyrus ébouriffés, portes fermées, ouvertes, rideau rouge. La maison dort, dans le silence du soir. Fraîche traversée de hautes terrasses, à pas lents, feutrés. Fontaine au loin.

Des personnages glissent sur le marbre. Parfums. Oranger, jasmin, citronnier. Le vent se lève, charrie les embruns d’une histoire enfouie. Regards blancs, visages si doux. Les corps assouplis par l’amour, la fatigue ou l’attente.

Coquillage de l’être, refuge nacré. Il contient le temps, rires et chagrins. Pénombre des couloirs. Il marche vers les statues habillées d’inconnu. Une voix s’élève, un appel. Prière surgie d’un champ de coton, d’une guitare fendue, sous un ciel africain, au soleil de minuit.

texte et dessin (Billie Holiday, pierre noire, 22/11/19) ©JJM

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