Labyrinthe

De la nuit, labyrinthe sans tracé ni parois, fête foraine où les manèges penchent, massacre sur la boule d’une Irma peinturlurée, à peine ouverts les yeux, au cœur d’une foule compacte et bruyante, les ballons éclatent, les rires fusent, les cris en rafales tracent plein ciel le grand-huit des jours en allés, à venir. Labyrinthe pur, de l’inquiétude l’avatar, où se voit, cloné, le même personnage.

Ridicule, nu, étonné, et perdu. Invisible moi, égo vide, sourire en coin et main tendue, il avance. Cow-boy de pacotille, faux Quichotte héberlué, smoking blanc dans la jungle, gangster trahi, hameçonné par l’horizon ou rêveur solitaire, Italien au volant d’un bidon, vendeur d’eau, berger d’étiques chèvres, comique troupier, amoureux éperdu. Spectres vite dissouts. Bandonéon en larmes, piano au fond de l’eau. Frêle flûte. La chambre résonne de mélodies serpentines.

Rejetant le drap, sur ma peau le souffle de la rue. Me levant, orchestre dans le jardin. Tes cheveux, nous dansons. Ciel de guirlandes, vent du sud. Oui, nous irons à Cordoue, où chantent les fontaines.

© JJM

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