La nuit, portes et fenêtres claquent

09 04 19.jpg

La nuit, portes et fenêtres claquent, entre rêve et réalité, ici et ailleurs. Le temps flotte dans l’indétermination de vents capricieux, sous les coups de boutoir d’une horde invisible armée jusqu’aux crocs. Souffle de l’arrogance, brise glacée ou tornade, alizé ou aquilon, rafale, tempête ou cyclone, l’hybris fait virevolter meubles et livres, et jusqu’aux draps et à mon corps traversé de noirs éclairs, dans l’air confiné de la chambre parfumé du rhum des pirates.

Happé par la porte tambour de l’imagination en feu, j’entre dans un hôtel aux couloirs interminables tapissés de toiles, gigantesques scènes de bataille, marines sur fond de paysages exotiques, portraits sous toutes les coutures, se succèdent. Suivi par des regards sévères ou doux, hautains ou aimants, conquérants ou apeurés, j’avance, aussi démuni qu’Er de Pamphylie, d’une nudité d’écorché hésitant à ramasser un sort jeté à terre. Chaque porte cache une énigme. Aucune ne s’ouvre, mais aucune n’est fermée.

J’entends des bruits ambigus, râles d’extase ou de mort, paroles étouffées ou chuchotées, et l’éventail des cris, des rires, rhapsodie houleuse qui annonce meurtre ou jouissance, orgasme ou dernier souffle, venin de vengeance ou secret d’amour. Alors, j’accroche une voile au soleil, des yeux malicieux, un sourire, une chaîne de montagnes bleues, le reflet d’une île passée à la chaux, et m’y réfugie pour glisser dans l’inconnu.

©JJM

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s