Sauvages Pensées

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Au cœur de la nuit, les arbres agitent bras et mains pour attraper les sauvages pensées, lianes infinies du sens, nuages délités dans la noirceur d’un puits. Lever les yeux au ciel revient à tomber des étoiles. Lancer les bras. Les doigts tentent d’agripper l’air. Les cyprès ne s’encombrent pas de tant de vanité. Des branches graciles gouttent, sève acide, les espoirs fourbus. Dans les bourgeons étouffent les siècles à venir. La porcelaine des rires éclate sur le trottoir, et la joie. Sol jonché de saisons inachevées, d’enfances blessées, d’actes d’amour esquissés.

Un merle éberlué, se rêvant aigle, s’ébroue, muet. Il survole les pics. Au loin l’océan, les poissons, le silence des ouïes. L’argent scintille dans les remous. Cela suffit à faire basculer les meubles, les murs. Le lit tangue et roule. Les immeubles se cachent dans les cyprès bleus. Le temps trouve refuge dans les boîtes aux lettres.

J’imagine le fleuve sous la lune, secret, chantant. Qu’a-t-il donc à fêter, quel succès. Il retient la lumière, s’en délecte, apaisé. Les oiseaux se cherchent dans l’eau moirée. Une voiture au loin klaxonne, une, deux, trois fois. Comment résister à ton rire, c’est impossible, tu sais. Autant renoncer à vivre.

©JJM

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