Nuit de feu

20 12 18.jpg

Nuit de feu, le bateau croise au large d’un volcan. La fenêtre tremble et le halo du volet, en cendres, est froissé dans un coin du plafond. Derrière les étagères, les murs suintent, la peinture craquèle. Le bureau, la chaise, glissent vers la porte. Le lit est épave, radeau, les draps, fantômes.

Le monde vacille et penche, sans savoir de quel côté. L’esprit faseye, voudrait bien rire, danser, étouffer la peine, le chagrin, oh, une bonne fois. Éviter l’hésitation du papillon dans un champ fleuri. Cette pâquerette, non, ce bouton d’or, ou l’aubépine au loin. Erreur, ce n’est que légèreté, joie, étonnement d’être, ni incendie, ni coulée de lave.

Le volcan est là, nourricier, bouillonnement, force. Les cyprès bleus d’Arizona sont prêts, ils contiennent le ciel, ont la patience d’une pyramide au bord du Nil, offerte aux quatre vents, refuge d’une reine. Les murs se couvrent de beaux hiéroglyphes. On peut y lire l’avenir, dit-on. Balivernes. Tout tient au tremblement de ta voix, au frémissement de nos mains. Alors je guette le sens, et le colibri au bord de tes lèvres.

©JJM

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s