La nuit, les tragédies se nouent

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La nuit, les tragédies se nouent. Il n’est question ni d’heures, ni de distance, inutiles repères d’une réalité vacillante. Les lieux glissent les uns dans les autres, l’urgence est la règle, le raccourci prévaut. La lenteur étire les paysages, les pièces, l’essentiel est mis en scène, sans fioritures, mystérieux.

Main, visage, phrase lancée au ciel. Des pas, terrasse bordée de rideaux. À tout instant, des émissaires entrent et sortent, à chaque seconde une rupture est possible. Ce qui un moment était lié à je ne sais quelle nécessité vitale, si profonde qu’elle déroute le sens commun, — je m’y perds, m’y retrouve, voltigeant ici là comme chez moi sans moi —, soudain se défait. 

Des pans entiers s’effondrent. Au loin, poussière, nuages, bruits de galop. Jamais le jour les oiseaux ne chantent ainsi, les arbres ne se laissent ainsi caresser par le vent, ni les bouches, les yeux, inconnus, appelés, familiers ou entrevus. Et toujours tu es là. Nos paroles sont la vie, tendres ou écorchées. Nul mensonge. Des batailles se livrent en mer, en plaine, sans armes, sans vainqueurs, sans morts.

Le lit est un refuge, la nudité un monde. Les corps s’affolent, s’affrontent, s’aiment, dans le murmure des voix enlacées.

©JJM

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