Le Gouffre du Temps

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Au-delà il n’y a rien, à l’infini du rien. La voûte céleste tend sa toile trouée d’or. Ici et là fuient les oiseaux noirs des nues, les plumes peintes d’un trait. L’encre de Chine se dilue dans la chevelure de Bérénice, gouffre du temps. Le silence est alors si profond. Le chien de la forêt prend peur. Il court, s’arrête et grogne. Aboiement régulier, vain, lancé contre un invisible mur. Derrière se cache un danger inexistant. Oreilles pointées. Des ultra-sons terribles, émis par un essaim accroché à une branche, vibrent de l’histoire du jour sur la planète, et dans les pins les nids se balancent au gré du vent. Au large, un marin accoudé au bastingage d’un cargo rêve d’une femme qui rêve de lui rêvant d’elle. Sur la terrasse, je scrute la nuit, esprit vide, et finis par être ramené à un rêve d’enfant. Être marin, oh, admirer la nuit.

16/03/19 ©JJM

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