L’être joyeux

Les mots. Il n’y a qu’à les entendre sonner, frapper l’oreille, mais l’oreille n’est pas l’oreille. Faille intérieure, invisible et vitale. Dans la bouche serrée, les oiseaux volent et, dans un ciel d’espoir, se cognent les uns aux autres, hagards. Les ailes collent aux joues. Les plumes arrachées par les dents tourbillonnent jusqu’à la langue. Rien ne sort. Ni chant, ni appel, rien. Les oiseaux se posent où ils peuvent, blessés, patients. Ils attendent des temps meilleurs, de la confiance, de la clarté, de l’amour, qui sait, personne. Personne ne sait. Qui croire. Le sang coule, inutile, heureusement recueilli dans la gorge nouée. Tout est là. Le corps garde tout, gouffre profond, pour le matin à venir. La lumière est si tendre, la peau frissonne. Est-ce la beauté, je n’en sais rien, j’écoute. Bouche serrée, le vent est trop fort. Mais la musique, la musique. L’être joyeux se cache.

10 09 17

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