Pleurer de joie

Parfois, il fait si froid. Ou comme cette nuit tout
brûle, draps, oreiller. Je cours dans tous les sens,
mon corps immobile est traversé de mille flèches.
Alors je ris. L’extase de San Sebastian, oh, tu sais.

Je pleure de rire, de froid, de colère, abandonné à
je ne sais quel destin tordu. Rire jaune, noir, enfin
froid dedans et rire dehors. Je vois passer dans le
torrent, image falote, les débris de joie et d’espoir

teintés de nos rires vains, et la falaise du jour et la
faille enneigée de la passion en cendres. Et puis je
grelotte, morigène ce moi de pacotille. Pleine nuit

constellée d’étoiles de sang, pour rien. J’en oublie
les fraîches cascades de l’avenir qui engloutissent
les restes d’une confiance bafouée. Pleurer de joie.

22 03 17

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