Le marabout

Sillonner le désert, ici ou là-bas qu’importe, la piste
se perd dans les nuages. Ci-gît le ciel, et ses armées
de fantômes bleus. Jour nuit mêlés, le fleuve gronde,
les bêtes rentrent dans les trous, les varans se terrent.

En un éclair, j’ai revu la tempête de latérite, au bord
du Jubba glauque, les cases et le brouillard sanglant.
Le squelette des épineux, les chèvres égarées. Fleuve
sombre, tu emportes ma vie, mon amour, mon espoir.

À la cime d’un grand acacia, un marabout guette je ne
sais quoi, se moque de ma naïveté, bec planté dans la
poussière des ans. Et nous avons couru, nous, en moi,

tête enfouie dans le pagne. Un homme traverse à gué,
baluchon à bout de bras. Suffoquant, je t’ai serrée, en
moi, blottie, jusqu’aux broussailles fleuries d’oiseaux.

23 02 17

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