Parfum de liberté

Parfois, il fait si froid. Ou, comme cette nuit, tout
brûle, drap, oreiller. Je cours dans tous les sens,
mon corps immobile est traversé de mille flèches.
Alors je ris, l’image de San Sebastian, extase, oh.

Je pleure de rire, de froid, de colère, abandonné à
je ne sais quel destin tordu. Rire jaune, noir, enfin
froid dedans et rire dehors. Je vois passer dans le
torrent, image falote, les débris de joie et d’espoir

teintés de nos rires vains, et la falaise du jour, et la
faille enneigée de la passion en cendres. Et puis je
grelotte, morigène ce moi de pacotille. Pleine nuit
constellée d’étoiles de sang, pour rien. J’en oublie

les fraîches cascades de l’avenir qui engloutissent
les restes d’une confiance bafouée. Pleurer de joie.
Ouvrir la fenêtre, soulever le ciel, affronter l’hiver.
La nuit, s’il fait trop froid, si tout brûle, filer, rêver.

D’Afrique, de méandres arborés. Un fleuve au cœur
du bush. Je m’arrête, écoute, quel parfum de liberté.
Accoudé au balcon de l’origine, je suis la migration
des gnous, l’envol des flamands, des hippopotames

le bain. Sous la tente, le râle d’un fauve nonchalant
me ramène à mon corps transi, au drap en flamme,
J’ouvre la fenêtre, il fait si froid. Je rembobine ma
vie, encore plein de la douceur de tes bras de sable.

11 02 17

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