Demain

Au pied du mur, des figues écrasées par le soleil, la pluie.
Ivres, deux ou trois guêpes tètent un reste de pulpe rouge
sang, velours de mon théâtre intime. Insondable vide, au
cœur de l’absence, oh. Dans un décor de ruines délavées,

la braise des corps, les visages renversés et l’ébauche d’un
sourire sur les toits, le fleuve. Les arbres guettent, et la rue
fomente un crime. Une pie s’envole, arrache les mots secs
collés aux briques. Écarter le danger, tu sais, la nuit venue.

Les papillons coiffent le lampadaire de rue. Un air d’opéra,
fredonné tout près, Casta diva, l’ai-je rêvé, dis. Tu marches
sur le sable. La plage du lit, halo du volet. Mon esprit dilué

s’englue dans le reflet d’une photo. Train en gare, à minuit.
Il bouge, s’approche, je me lève. Oh oui, quel beau voyage.
Ton rire. Un oiseau posé sur le bord de la fenêtre. Demain.

18 09 16. Inachevé 141 (texte 154. Fin de la série « Inachevé »)

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