Antique milonga

Fleuve à sec, dans un lit d’oubli, la rue ne chante pas
ce matin. Les cyprès s’étonnent que les nuages aient
fui. La nuit a fait son œuvre, épongé les chagrins, les
râles, sous les draps chiffonnés, de colère et d’extase.

Mon silence t’est adressé. Il se brise au matin, premier
rire du soleil, quand l’océan fouaille, dans ma gorge et
mes poumons. La rue frissonne, le jour fait s’embrasser
Héraclite et Parménide. Antique milonga dont l’aveugle

Borges, déchiré et heureux, ferait une tragédie tailladée
au couteau de l’amour dans la pénombre d’un quai. De
mon corps abandonné à lui-même, s’élève une voix que

je sais être mienne, d’où jaillissent, oiseaux de bonheur,
des mots arrachés au temps et à la vie. Je te les offre en
silence. Il dit, tu le sais, il me faudra me cacher ou fuir.

06 09 16. Inachevé 129

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