Du cygne le chant

Avant de mourir, chanter, tous les jours, chanter, dresser
le temps, mélodie lancée dans un air raréfié, en altitude.
Aimer le temps, offert au regard, ses couleurs, son sang.
Droit debout, cœur et ciel brisés par l’éclair d’une épée.

Chant du cygne du Chevalier, oui, si fier sur Rossinante,
dans un testament, in extremis, tu défies la mort, laissant
sur la langue le goût salé des larmes, de la joie, de la vie.
Je pense à toi, empêtré dans un brouillon de lit. Tu traces

le chemin, Adam, et Dulcinée ton rêve, amour profond de
l’absolu, dans les champs de Castille, allant, ensoleillé de
courage, seul face aux masques, moulins du mal. De l’art

le héraut, en un Jardin dont l’homme a été chassé, libre, nu.
Tu as vu la mort, chanté l’outre-monde, sage parmi les fous.
Je pense à toi, empêtré dans un brouillon de vie et d’amour.

04 09 16. Inachevé 126

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