La douceur à venir

I
Vivre, rêver, rêver vivre, yoyo de l’existence.
Oh, bien sûr, rêver n’est pas vivre, a-t-on dit.
Pourtant vivre, n’est-ce pas rêver le sachant.
Se prendre les pieds dans le tapis d’Aladin,

décoller. Rompre avec les pavés, avec la rue
bruyante et les magasins bondés et les bus à
soufflet. Avec moi, surtout. Me voir de haut,
tout petit, cherchant dans le flot ininterrompu

un chemin semé de joie, de caresses, de rires.
Jeter la croûte de l’ego, et ses lubies de bazar.
Qu’il se débrouille, après tout, c’est son monde.

Beau monde, rêvé, dans les visages, et les rues
où je trimbale le sac mal rangé de ma vie, oui,
ne sachant s’il n’est pas trop grand, pour moi.

II
Mais l’ego s’y croit, il confond rêve et illusion,
le naïf. Ne vois-tu pas les statues, impassibles,
entourées d’herbe bleue et de vasques fleuries,
qui narguent le temps, comme elles rient de toi.

Alors, s’évader. Quel boulet, du matin au soir.
S’accepter, en marchant sur la pointe des yeux,
seule chance d’en croiser d’autres, oh, et rêver.
Effleurer, laisser intacts les êtres et les choses.

Se laisser porter par le souffle, enfin, pas trop
loin. Que s’est-il passé, là. Je n’ai rien vu venir.
Je me suis retrouvé dos au mur. Une silhouette

a disparu, sous un porche. Le temps d’arriver,
rien. Oh, à terre, une photo de Francesca W.,
qui offre son corps, sa vie, la douceur à venir.

04 08 16. Inachevé 97

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