Le plafond

Au plafond, il arrive que passent noires cigognes et
grues cendrées. Élégance et noblesse. Vertige, mon
cœur les suit. L’air est glacé, nous survolons plaines
et collines, franchissons des cols où le vent oblige à

serrer la flèche. Les vallées se creusent, les fleuves
serpentent dans la nuit. Parfois, très haut, plein ciel
zébré, je devine de petits points noirs. Ils tracent de
vastes cercles, aussi parfaits que ceux d’Archimède.

En un instant, planent de grands vautours, des aigles
royaux. J’entends des cris, des hurlements. Des bouts
de phrases se posent sur mon visage, et, les mots que

j’aurais voulu n’avoir jamais dits, entendus, sont là et
piquent mes yeux de leur bec. Puis ils disparaissent, je
m’apaise. Plafond désert, tu sais, la douceur l’emporte.

02 08 16. Inachevé 95

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