Le corps est mélodie

I
L’être, le corps, ce que je touche, là. Ce qui
jamais ne s’échappe, ne se peut détacher de
l’univers. Ces platanes, cet oiseau, ce caillou.
Ce corps, le mien. L’autre, je pose mes mains,

je le serre, je l’écoute. Au bout des doigts, oh.
J’écoute. Le corps est mélodie, chant et danse,
enlacement. Mais rien ne subsiste et les mains
courent, l’unité se dilue. Le corps est si fluide.

Les os, les muscles, le cerveau même. Fluidité
de la mort dans la vie, de la vie contre la mort.
Résistance, harmonie, cacophonie et dispersion.

Lassitude, le corps est fourbu de tant de silence.
Bruit de fond continu, lointain mais là. Le corps
est ailleurs, dans ce terrible grondement, ce feu.

II
Le corps s’étonne de n’être rien de tout cela, rien.
Inachevé, contre les autres corps, la pression des
corps, en suspens, un seul corps. Attente, regard,
écoute du rien à venir, le corps n’est pas et l’être

n’est pas. Souvenir au cœur du silence, il rappelle
une mélodie, ailleurs. Il fredonne, murmure, ému.
L’être si joyeux transmet sa beauté à un lumineux
visage. L’être danse, l’enlace, l’enveloppe, se perd,

se retrouve en cette musique, et sous ses pas, oui,
le monde va, le monde tourne, miroite. Devant lui
se tient le ciel à venir, l’histoire est là, le corps est

là, oui. La joie seule fait advenir le matin bariolé,
le chatoiement des cyprès dans le vent. Les mots
glissés à l’oreille et sur la peau du corps délaissé.

02 08 16. Inachevé 96

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