De la danse le secret

I
Ah, dessiner, lancer le trait, la pointe, et donner
forme à tout, au vide. Chasser le silence, le rouer
de traits. Rayer, lisser, marquer d’un noir herbier
le territoire des leurres, de l’attente, de la mort.

Lutter d’une main extatique, précise. Voir jaillir
dans l’éclair la pénombre des forêts. Le parfum,
la pâleur d’un visage endormi sur l’herbe bleue.
Insupportable repli, mots reclus. Ouvrir la cage.

Seul à ce moment, dessiner. Corps, main, et feu.
Retrouver de la danse le secret, fluidité de l’âme,
paroi noircie d’une grotte cachée, enfoncée dans

les ronces du ventre, cri du charbon aiguisé, de la
plume arrachée, trempée dans le sang de l’amour.
Avoir alors, sous les yeux, ce qui éclaire les nuits.

II
Les mots sont anémiés. La main s’étonne et trace
à jamais de quoi briser l’errance vaine. En chemin
vers la clôture du gouffre, de la faille, parer la plaie
de l’être. Les bêtes s’y réfugient, apaisées. Effacer,

pour toujours, l’incertitude de la peau effleurée. Si
près, l’abîme du soi où le soleil se perd. Ne jamais
fermer l’œil, être à l’affût. Creuser, racler, donner
vie et lumière à ce qui gît profond. Enfin, échouer

sur un rivage de lune, à l’ombre de grands arbres.
La main trace sur l’eau l’heure du départ. Vers où,
nul ne sait. Avant, dedans, naïveté. Enfant perdu.

Ne rien voir ni savoir, suivre les lignes libres, qui
font briller ce qui n’existe plus, pas encore, caché,
secret, refusé. La main se souvient et dessine, oh.

28 07 16. Inachevé 84

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