Ombre et vapeur

N’être, parfois, qu’ombre et vapeur, fumée sans feu.
Rebrousser chemin, laisser là l’enveloppe, échapper
à toute forme. Épouser les sentiments eux-mêmes,
fluides, si mouvants, dont le visage laisse échapper

la teinte évanescente. Voir, dans l’air ambiant, s’évaporer
passé et projets, coller au présent, là, enfui. S’offrir sans
retour, dilué dans d’autres ombres, de la fenêtre, des arbres
muets, de la lampe sans âge. Croiser, ici et là, des pensées

esquissées, des parfums renaissants, des voix intimes.
Fermer les yeux, être la vision même. Rejoindre alors
ce qui du temps a gardé la douceur de l’ineffable, quand,

étonnés d’être là, nos mains, oui, tissaient le bégaiement
d’une rencontre au lendemain fragile. N’en avoir pas fini
de chercher ce qui, offert, fait encore trembler les nuits.

20 06 16. Inachevé 27

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