L’imminence du corps

De l’image, le gouffre. Ce qui est vu
n’est pas ici, ni ailleurs. La peinture
ne reflète pas, elle scrute, fait jaillir.
La mise en scène est à fleur de peau.

Son absence est un leurre. C’est notre
assise, notre faille, infranchissable, et
nous sommes découpés, recomposés,
le fil qui coud les visages tranchés, et

l’aiguille qui perce la peau, et la peau.
Nul n’y échappe, charme ou répulsion.
Chercher, ne se fier à rien, à personne.
Laisser dire. Accepter, n’être aucun, et

tous. Être un écho dans la pupille d’en
face, insondable. Dire, tu es belle, oh.
Regarder, la souplesse des lignes, leur
invisible unité. Dire, les yeux dans les

yeux, oui, oui. Parler en son nom, au
présent, à la présence, à l’insaisissable
offrande qui enveloppe tout, recueille
secrètement l’imminence d’un corps.

L’imminence du corps, où résonnent
mes pas, tu sais, ma timidité, ma force.
Et le soir, n’avoir peur de rien, pleurer.
Nous sommes là, mais sans savoir qui.

15 06 16. Inachevé 23

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