Une photo de Francesca

Oh, bien sûr, rêver n’est pas vivre, pense-t-on.
Pourtant vivre, n’est-ce pas rêver le sachant.
Se prendre les pieds dans le tapis d’Aladin,
décoller. Rompre avec les pavés, avec la rue

bruyante, les magasins bondés et les bus à
soufflet. Avec moi, surtout. Se voir de haut,
tout petit, cherchant dans le flot ininterrompu
un chemin semé de joies, de caresses du vent.

Jeter la croûte de l’ego, et ses lubies de bazar.
Qu’il se débrouille, après tout, c’est son monde.
Alors, s’évader. Quel boulet, du matin au soir.
L’accepter, en marchant sur la pointe des yeux.

Seule chance d’en croiser d’autres, de les voir.
Effleurer, laisser intacts les êtres et les choses.
Se laisser porter par le souffle, enfin, pas trop
loin. Que s’est-il passé. Je n’ai rien vu venir.

Je me suis retrouvé dos au mur. Une silhouette
a disparu sous un porche. Le temps d’arriver,
rien. Oh, à terre, une photo de Francesca. Elle
offre son corps, sa vie, et la douceur à venir.

12 06 16. Inachevé 21

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