Le hublot

Se pencher sur sa vie. Ni forfanterie, narcissisme,
flatterie ou mépris. Simple regard clair, malgré
les remous d’un moi balloté, exposé aux caprices
du vent, de la pluie, déchiré par la houle, caressé

par la douce brise des illusions dont il est si friand.
Afin que ne se perde, de soi-même et de l’autre, la
libre estime, l’amour, la générosité portée haut par
René sortant l’épée, face au miroir étoilé d’obscures

passions. Passer la tête au hublot de la conscience.
On ne pèse pas lourd. Pourtant, quoi d’autre, rien.
Tout est là, tapi dans l’ombre baroque du temps et
la profondeur des origines perdues. Tout, inachevé

et incertain, volcanique et sauvage. La source vive
d’un torrent écopé avec un gobelet de fortune, où,
affolés par la lumière du jour, tournent les alevins
de notre vie, si on se penche à s’en brûler les yeux.

Voir le plus loin possible, derrière, devant. Oublier
la fatigue des nuits. Respirer. Les parfums les plus
subtils se mêlent. Café du matin, vacances lointaines.
Guitare sortie de son étui, bois verni. Mélancolie de

Tárrega. Les Recuerdos de la Alhambra embaument
la pièce. Rose, citronnier, jasmin. Lit défait et à terre,
nos vêtements. Il fait beau. Dehors, un bateau appelle.
La plage est déserte. Tout regard est le premier, tu sais.

11 06 16. Inachevé 20

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