Ne pas gâcher le soleil

Les paupières hérissées d’aiguilles, au matin
perlé de rouge. Les yeux ne veulent plus voir,
ni les oreilles entendre, ni les mains cueillir,
serrées de rage et de révolte, après une nuit

d’effroi, à penser aux silences, aux mots
de feu, à l’effondrement des visages. Dans
la chambre, dans la rue, partout se creusent
les puits du jour, pièges tendus de la colère.

Mais la lumière, mais les ombres, oui, qu’en
faire. Les arbres du parc, beaux, majestueux,
et les paroles de joie, et les oiseaux peints,
et les regards étincelants d’amour. Les yeux

saignent, tant pis. Ne pas gâcher le soleil, ni la
fraîcheur des voix mêlées, ni les pas sur le sable
mouillé. L’écume de la nuit sèche sur les restes
d’un naufrage. Reste l’écho d’un appel, tu sais.

10 06 16. Inachevé 19

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s