Il n’y a pas de clef

Je ne cherche pas la clef, il faut s’en passer.
Il n’y en a pas. Les clefs sont des illusions
inventées pour leurrer nos peurs, faire
semblant de chercher sans savoir quoi,

ventre trituré par un bouillon de sang.
Le monde est là, et je sème des regards,
alors naissent l’épilobe, le galet, le saule
agité par le vent. Parfois, un regard fuit,

surgit enfin d’une ombre, née de l’absence
d’une autre ombre. Je cherche, j’aperçois
un mouvement, une silhouette, je lance
un autre regard, le premier s’est perdu.

Il manque toujours quelque chose, et
le monde étalé sous mes yeux vibre
de cette absence, précise, sans contenu.
Un visage soudain le fait déborder, exploser.

Le monde est alors immense, l’espace ouvert
à mes pas se trouble et s’éclaire, éblouissant,
neuf, d’un enfance ravivée. Le corps chante,
les mots s’envolent, tout devient mystérieux.

Il n’y a pas de clef, dans le bouillonnement
du sang. Le cœur peine à en régler le cours,
le visage et son corps sont partout, le monde
est labyrinthe, la clef est dans les mains, pour

toucher, pour sculpter le temps, matins étonnés,
courses folles sur la plage, nuits de murmures,
joies partagées dans l’étonnement d’être, tu sais.
Fleurs, oiseaux, sont d’anciens regards enlacés.

10 06 16. Inachevé 18

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