Dessiner

Ah, se remettre à dessiner, lancer le trait,
la pointe, et donner forme au rien, pour
chasser le silence. Rayer, lisser, marquer
d’un noir herbier, le territoire des leurres.

Lutter, d’une main extatique. Voir surgir,
dans l’éclair, la pénombre, le parfum des
forêts, et la douceur d’un visage endormi.
Insupportable attente, mots emprisonnés.

Seul, à ce moment, se mettre à dessiner.
Retrouver de la danse le secret, le fluide
des âmes, sur la paroi noircie d’une grotte
cachée, enfoncée dans les ronces du vent.

Les mots sont anémiés. Ici, la main s’étonne
d’un telle errance vaine. Être en chemin vers
la clôture du gouffre. Les bêtes s’y réfugient,
apaisées. Effacer, pour toujours, l’incertitude

de la peau effleurée. Si près, l’abîme du soi.
Ne jamais fermer l’œil. Creuser. Et la nuit,
s’échouer sur un rivage de lune, sur la vie.
La main trace sur l’eau le lieu de mon départ.

Ne rien voir, ne pas savoir, suivre les lignes
folles. Elles font briller ce qui n’existe plus,
ou bien reste caché, secret, refusé, enfoui et
perdu. La main naïve se souvient et dessine.

03 06 16. Inachevé 8

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