La joie cachée

La joie cachée rappelle ces animaux,
si petits, de la taille d’un ongle,
ou d’une paume. Rainettes enfouies
sous les hautes herbes d’un étang.

Mulot curieux dont le museau flaire
tout, grain, bouton d’or. Joie furtive
à la lisière des draps, main timide.
Hanneton des roses, dont la nymphe

confond l’art des momies égyptiennes.
Scarabées noirs, figés, mimant la mort,
disparus en un clin d’œil sous une pierre.
Grillon, fouisseur enfui dans sa galerie.

Épaule découverte, nuque abandonnée
sur l’oreiller fleuri. Joie silencieuse
du matin, tandis que flotte encore,
de la nuit, le coquelicot des rêves,

des caresses, dans le halo du volet
soufflé par un soleil encore lointain.
Fines, discrètes et fuyantes présences,
dont on devine à peine la course folle,

sur les feuilles tombées, en forêt,
dans le jardin. Joie muette, si légère,
qu’un rien fait naître, paupière étonnée,
lèvres endormies, cheveux étalés.

Joie fragile qui embaume l’instant.
Il suffit d’ouvrir les yeux, d’attendre,
cœur battant, pour qu’elle surgisse,
ici, là, et se mette à danser, danser.

01 06 16. Inachevé 4

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